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Révoltère

Révoltère

Poésies francaises pleines des joies et des tristesses de la vie, voyages et actualités vues d’un cinquième œil.


Poemes a mourir / UN ARBRE EST MORT

Publié par Revoltere sur 12 Mai 2007, 15:44pm

Catégories : #POEMES A MOURIR

UN ARBRE EST MORT :
 
Il se dressait tranquille, serein
En maître absolu et respecté
dans un grand espace, un pré
Il représentait la puissance,
La force et la beauté d’un sapin.
 
La sagesse pour aisance,
Le silence comme complaisance
Ce combattant du vent et du temps
Demeurait à combattre les intempéries.
La cruauté d’une race virile
A eu raison de lui
Par une belle journée du mois d’avril
 
Ce matin un arbre est mort
Emportant son cortège de souvenirs
Sans chagrin, les hommes ont coupé son corps
Anéantissant une vie de plaisirs
 
Partant m’instruire pour l’avenir,
Je le croisais chaque jour;
Tel un sorcier de mes désirs
Surgirait de la nuit,
Abolirait le doute et l’ennui
Il apparaissait comme toujours
Pour mettre un point d’honneur
A mes craintes, à mes peurs
D’avoir à combattre à contrecoeur
Les démons cachés en moi,
Démons se complaisant en sournoi
Pour me couler parmi l’effroi
 
Ce matin un arbre est mort
Emportant son cortège de souvenirs
Sans chagrin, les hommes ont coupé son corps
Anéantissant une vie de plaisirs
 
Ecarté de ses confrères
Ce superbe conifère
Dominait sans restriction
Une bonne parcelle de région.
Il était seul à régner
Et restait fier de sa beauté.
 
Ses branches verdies par le printemps,
Son écorce durcie par le temps,


Ce père adoptif de petits volatiles
Comblait la nature de son bonheur fertile
Cet arbre avait tout pour plaire
Mais la hache en avait décidé du contraire
 
Ce matin un arbre est mort
Emportant son cortège de souvenirs
Sans chagrin, les hommes ont coupé son corps
Anéantissant une vie de plaisirs
 
Peut-être ce Roi sobrement détrôné
Sera remplacé par un plus apte à régner
Peut-être qu’un jeune sera replanté
Sur la tombe de ce sage exécuté.
 
L’espace verdoyant et même vivant
A perdu son grand maître imposant;
Et reste esseulé de son ami d’antan
Les oiseaux ont perdu leur famille d’accueil
La forêt de ma vie s’est scindée en partie
Depuis que j’ai entraperçus ce matin
Ce corps inerte taillé en pare-pins
Par ses croque-mort assoiffés de cercueil
 
Ce matin un arbre est mort
Emportant son cortège de souvenirs
Sans chagrin les hommes ont coupé son corps
Anéantissant une vie de plaisirs
 
La vie est ainsi faite malheureusement
Des arbres meurent et succombent au temps
Taillés en porte, en table ou en charpente
Cela est devenu tout à fait normal
Il n’y a donc rien d’alarmant
Mais entrevoir inévitablement si souvent
Un symbole qui vous tient à coeur
Disparaître de façon aussi vulgaire
Vous ronge l’intérieur d’une plainte de douleur
 
Je le saluais majestueusement chaque jour,
Aujourd’hui à qui vais-je livrer ma magie, mes secrets ?
Et je crois que depuis toujours
Il souffrait d’un manque de respect
 
A l’aurore, un être est mort
Laissant planer une part de silence.
Sous le couperet de la violence
On a assassiné son corps.
 
Révoltère


 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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