La brune que je n’ai jamais eue
On l’avait placée là, à côté de moi
Par pur hasard en réalité, enfin
Je devrais plutôt dire par bonheur
Il ne leur restait que quelques places
Les quatre dernières de ce fameux repas
Où l’on y côtoie nouveaux et anciens
C’était en effet une soirée de retrouvailles
Comme il en existe dans beaucoup d’écoles
Sauf qu’ici en ce qui me concerne ils étaient rares
Les collègues de la promotion sur le champ de batailles
Dégonflés ! Or, les revoir constituait ma motivation première
A venir parmi tous ces gens, certes de la même section
Mais non de la même session, nous n’étions que deux
Et les autres, quatre vingt inconnus, non désirés ou prétentieux
Je ne regrette pourtant rien...
La qualité des plats laissant à désirer,
La musique venue d’un autre temps, démodée
Le prix cher à payer, les kilomètres...j’arrête c’était raté.
Ah, heureusement qu’on l’avait invitée
Elle ma brune divine sublime délicieuse voisine
Un de ces amis, ancien du régime, espérant la conquérir
Les avaient invités, elle et trois convives
Durant une demi-heure j’ai joué les indifférents
Je crois que dans cette situation c’est le mieux à faire
Je ne voulais pas trop la brusquer, juste la regarder et lui sourire
Il fallait attendre l’occasion de saisir une conversation
L’opportunité se présenterait, forcément, évidemment !
Oh comme elle était ravissante, fine, coquette, une charmeuse !
Puis comme prévu l’échange s’engagea, curieux et malin
Je savais qu’il fallait l’écouter et surtout la passionner
Arriva le dessert, puis le café et le champagne
Dont elle avait fortement abusé sans trop le supporter
Direction la piste de danse pour finir la petite fête
Histoire de se défouler avant de se coucher
J’attendais les slows, mon atout pour la faire craquer
J’attendais pour la séduire, j’attendais pour l’embrasser
Il n’y a rien eu entre elle et moi ce soir là
Je le regrette et je me console en me disant qu’elle le regrette aussi
Révoltère