Le miroir
Ce matin j’ai regardé le grand miroir ovale,
Celui de la chambre, près de la fenêtre
Je suis resté figé devant lui sans raison spéciale
Peut-être dix minutes, c’est tout bête
A ne pas savoir quoi faire, juste le contempler
Non pas m’y recoiffer, y ajuster ma cravate
Gestes simples et anodins, humbles et communs
Non je crois que j’ai y perdu mes pensées
Je ne sais pas ce que j’y ai vu
Et sans doute n’y avait-il rien de plus
Que moi, mes yeux, ma bouche, mon nez
Et tout cet ensemble trop bien organisé
Qu’on appelle un être humain, l’animal doué,
La créature la plus évoluée qui n’ait jamais existé
Oui ce matin j’ai admiré la grandeur, la force, la beauté
Alliées et combinées sous une même identité
C’était magnifique, je me suis envolé
Vers des éloges stoïques et monarchistes
Me suis imaginé le génial créateur masqué
Fier de son jouet là-bas de l’autre côté
Oh non il ne pouvait pas me voir, moi seul
En possédait le pouvoir, tous les pouvoirs
Le savoir, l’intelligence, la télécommande
Pour manipuler mon invention à distance
Ce matin j’ai regardé le miroir
Il m’a sourit et m’a dit bonsoir
Révoltère