Samar
On les vend un peu partout dans la rue
De septembre à presque mars
Comme des bonbons bien connus
Des coupe-faim de deuxième classe
Le plus souvent un verre rempli
Finira dans un sac plastique
Qu’on picoquera dans le bus envahi
En attendant le dîner domestique
Ils ne serviront pas à du pesto
Puisqu’ils ont encore la coquille,
Celle que fait eclater de façon presto
Ces coup de dents brutales à garnir
C’est une bien petite amande
Qui s’y cache, blanche et savoureuse
Un pignon de pin – non des landes –
Venus de ces contrées aventureuses
Ceux là sont , on les dit « de Sibérie »
Pourtant c’est encore un peu loin
Ces arbres secs sur collines assoupies
Groupés comme des oasis par recoins
Parfois la cocotte est vendue entière
A l’unité, à partir de septembre
Tel un miel, la sève brute s’exaltère
Et vient coller les doigts de son ambre
Révoltère
Juin 2015