Ils nous auront tous
Il y des années que je rame sur cette galère
J’ignore tout, je ne sais pas où je vais
Je ne sais même plus quand je suis parti
Il y a si longtemps à présent...
J’étais jeune et fort, pas comme aujourd’hui
Je croyais trouver un monde totalement fantastique
Comme ceux des films 100 % optimistes
Je me suis engagé, je n’avais pas d’autres choix
Et dans l’espoir, je guettais l’île mystérieuse
Jules Verne, baliverne, rien je ne vois
Où est-elle , Il n’y a que la mer et le ciel
Ma traversée était prometteuse
Elle demeure bien silencieuse
J’ai beau retourner les flots
Le voyage a un sale goût amer
Et mes projets tombent à l’eau.
J’ai la très nette impression que l’on m’a roulé
J’ai la très nette conviction qu’il n’y a plus rien à espérer
Y’en a marre des discours rebelles
C’est facile à dire ce qu’il ne faut pas faire
Encore faut-il savoir ce qu’il reste à faire
Les mots ont tassé la réalité dans leur sommeil
Cessons les paroles, passons aux actes
Ecrire n’a jamais été la solution
Juste l’anticipation de la remise en question
Cessons les paroles, passons aux actes
Il est temps de couper l’arbre
De brûler ses racines
J’ai conclu un pacte avec la mort
Elle me fournira les épines
Oh il fait trop froid dehors
Moi je les amènerai dans son logis
Qu’elle les prenne tous dans sa maison
Il y a deux cent ans on aurait mis leur tête sur un pic
Maintenant il faut du travail de précision
Ce n’est pas un film gore, pas de BrainDead , d’accord !
Tuons le système, c’est lui notre problème
Trop d’années ont passé depuis 1789
Mai 68 était un échec
On s’est foutu de notre gueule
Il faut quelque chose de neuf
Changer est un fait
Un e génération emportée et abattue
Les années socialistes n’y ont rien fait
Il n’y a plus d’avenir, tout est perdu
Et ce n’est pas en baissant la CSG de 2%, ou en
Diminuant les taux d’intérêts et toutes ces mesurettes de tapette
Que vous allez rétablir la justice et l’égalité
On ne reviendra jamais à l’état d’avant, il ne faut pas rêver
C’est griller d’avance, je ne crois plus en ces fumiers
De politiques incompétences dont le seul enjeu et la gloire et l’argent
Tous mouillés dans de sales affaires, ils s’étonnent de notre violence
Pauvres cons, attention nous arrivons !
Je vais sûrement déranger avec mes idées
Je dis juste ce que je pense, c’est toléré
Où est la démocratie dans ce pays merdique ?
Non, non, non ne me traitez pas d’anarchiste
Je suis juste un homme qui souhaite vivre
Dans le pays des droits de l’homme
J’y suis né, j’y ai grandi et je souhaite y mourir
J’ai connu son l’institution, j’ai ses manipulations
On m’a imposé une religion qu’à présent certes je banni
On m’a modelé d’une certaine façon, j’ai obéis
Indirectement l’état m’a stéréotypé
Il fallait tuer ma conscience, endormir mon dynamisme
Etouffer ma puissance, détruire mon charisme
Quelqu’un qui pense est quelqu’un qui dérange
les moins malléables, on les supprime
Un état qui domine est forcement un état qui assassine
Où est donc la fin de cet océan à perte d’horizon ?
Toujours rien, toujours aucun bruit, juste ma souffrance
Jour et nuit, je rame sans aucune destination
Le voyage est encore long m’a-t-on dit
Ici raisonner est interdit alors je me tais et m’abrutis
On tente de faire éteindre ce qu’il me reste de suspicion
On voudrait m’astreindre à vivre sans réaction, pantin !
En bas je sais que m’attendent les requins
Je croyais être le boucher, je ne serai que la viande
Ni le premier, ni le dernier, je ne serai rien
La galère glisse sur une eau tumultueuse et vicieuse
Quelqu’un prendra ma place, enfin...
Révoltère