Errance
Errance
J’ai promené mon âme de sentier en sentier
A la recherche de nouveaux territoires
J’ai parcouru de grandes étendues inconnues
A la conquête d’un joyau illusoire
J’ai marché durant des jours, des années
Sur un sol inerte et rocailleux
J’ai piétiné le temps, avalé des vents
Pour ne toucher que le vide d’un ciel bleu
Lentement il se faufilait derrière les montagnes
Comme pour échapper à un ennemi invisible
Un dégradé de teintes majestueuses l’accompagnait
Comme pour confirmer que la nuit lui était nuisible
Décourageant d’écouter marcher son ombre
La regarder souffrir et puis mourir
Déprimant de sonder les restes d’un autre monde
Et se morfondre dans la poussière de son passé
De l’avant ou bien était-ce de l’arrière
Le nord était le sud; mon sud à moi il était mort
Devant le désert; de l’autre, un sable arrosé de soleil
Misérable je nageais, le corps assoiffé de sommeil
J’ai erré, cherché, jamais tant espérer à oublier
La destinée d’une mission condamnée à s’éclipser
J’ai erré de contrées en horizons, en océans
Sur l’échec de demeurer l’éternel impuissant
Révoltère
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